• Chapitre IV

     

    — Votre Majesté !

    Un homme entra en trombe après s'être présenté aux gardes qui lui ouvrirent la porte en grand. Il était légèrement essoufflé, mais il suait à grosses gouttes, sûrement dues à son poids au-dessus de la moyenne. Il ralentit une fois à l'intérieur et essaya de se redonner une certaine prestance en remettant en place sa longue robe et en s'essuyant le front avec sa main. L'homme s'avança vers l'Empereur - attendant tout de même un signe pour qu'il aille plus loin. L'Empereur était assis sur un large trône doré, nonchalant et la main adossée sur sa joue. Il massait sa tempe de ses doigts et avait une mine crispée. Il regarda d'un œil second son sujet et fit un signe de la main, lui donnant l'autorisation de s'avancer.

    — Votre Majesté, répéta-t-il, l'esclave égyptienne est arrivée.

    Sa mauvaise mine se revigora aux paroles de l'homme, un petit sourire vint s'afficher sur son visage, le rendant un peu plus lumineux.

    — Eh bien, qu'attendez-vous ? Convoquez la tout de suite ici, que je la voie enfin ! Vous pouvez disposer !

    Le sujet hocha la tête et partit dans la même intensité qu'il n'était entré. Une fois hors de portée, un homme portant une lourde armure noire s'avança.

    — Êtes-vous sûr de la faire rentrer ? Elle sera sans doute choquée.

    L'Empereur eut un petit rire et se redressa sur son siège. Il y avait une sorte d'excitation dans son regard, une vive lueur.

    — Qu'elle le soit ! Je suis l'Empereur et il me tarde de connaître l'Égypte ! De plus, n'es-tu pas aussi excité ? Tu es le grand Général, le plus haut gradé des soldats de Wei ! Estime un peu ta position et montre-moi que tu n'as pas que la guerre dans tes compétences !

    Le Général souffla et murmura un "oui" presque inaudible avant de se positionner près des marches du trône.

    ***

    Rajendra était devant une immense porte, elle n'en croyait pas ses yeux. Il y a de ça vingt minutes, un homme les arrêta alors qu'ils étaient en pleine visite des locaux des servantes. Cet homme était en nage et pris un certain temps avant de retrouver un souffle normal. Il s'adressa directement à la femme qui avait réveillé Rajendra.

    — Shān ! Sa Majesté convoque l'esclave égyptienne tout de suite, dépêche-toi de l'amener !

    Cette dernière eut un petit hoquet de stupeur et traîna presque en courant l'étrangère vers la salle de réceptions. En chemin, elle se stoppa net devant la loge des couturières du palais avant d’y entrer et ressortir rapidement avec un tissu blanc qu’elle banda à la hâte sur le visage brûlé de Rajendra.

    — Montrer ton hideux visage à Sa Majesté est une honte ! Ne l’enlève sous aucun prétexte !

    Elle vérifia si le bandage était bien mis en place avant de la pousser tout aussi brutalement qu’avant vers l’Empereur. Ils contournèrent de nombreuses allées, et au fur et à mesure qu’elle s’enfonçait dans le palais, Rajendra pouvait sentir son cœur palpiter de plus en plus. Le décor avait changé d’une seconde à l’autre, elle était passée d’un simple habitacle en bois à de vrais vestiges – tout de même pas aussi impressionnants qu’à son pays natal.


    En Chine, ils préféraient opter pour de l’or et du bois de grande qualité. Eux, en Égypte, c’était du marbre et toutes sortes de pierres plus rares les unes que les autres qui constituaient le palais du roi. Ils avaient des dessins d’une extrême finesse sur les murs et des portes sculptée au détail près.
    Ils n’ont peut-être pas les mêmes priorités…


    La jeune fille continuait de rester tout de même admirative sur les objets et décorations des pièces qui défilaient sous ses yeux. Puis, en s’engageant dans un grand couloir plus décoré et plus lumineux, Rajendra comprit qu’ils étaient arrivés. Elle pouvait entendre Shān respirer bruyamment, crachant l’air de ses poumons. Finalement, l’égyptienne restait dubitative sur son nouveau maître.
    Est-ce normal d’être si riche dans ce pays ? Je me demande comment doit être le roi, alors…


    Elle était tellement absorbée dans ses pensées qu’elle n’entendit pas l’eunuque les déclarer et ouvrir la porte en grand. Néanmoins, elle s’en rendit compte quand les autres commençaient à marcher. La jeune fille s’engouffra elle aussi dans l’immense salle.


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