• Chapitre III

     

    Après s'être relaxée dans son bain, Rajendra se leva et prit la serviette qui était étendue sur un fil non loin de là. Elle s'enroula dedans et alla prendre les vêtements propres qui étaient disposés sur l'armoire. Il y avait une grande jupe blanche ainsi qu'une chemise à longues manches en col chinois de la même couleur. Une veste bleu marine sans emmanchure et coupée d'un grand col en V se mariait très bien avec le reste. De plus, les sous-vêtements composés d'un pantalon et d'un "caraco" étaient eux aussi une merveille pour la jeune fille. Elle s'empressa de s'habiller et remarqua qu'il n'y avait pas de chaussures à disposition. Rajendra allait les chercher dans le carrosse avança, ce qui la fit presque dégringoler sur le sol.

    Une fois habituée au mouvement, elle put s'atteler à la tâche. Elle examina les tiroirs et vit une petite boîte en bois. Elle était très simple mais en la secouant, on pouvait deviner qu'un objet était à l'intérieur. Il y avait aussi le son de clochette à peine audible qui en découlait. Rajendra l'ouvrit, intriguée par le contenu. Une clochette de fer avec son cordon y était entreposée sur un carré de mouchoir blanc.

    La jeune fille prit délicatement l'épais fil entre ses doigts et le porta à son cou. La clochette tangua sur la naissance de sa poitrine. Elle avait trouvé un bijou, mais pas de chaussures.

    Je pourrai toujours demander une fois arrivée au palais...

    Pour l'instant, elle devait se reposer pour évacuer l'excès de fatigue qui alourdissait ses yeux. Rajendra marcha d'un pas rapide vers son lit, c'était presque une délivrance quand elle s'affala toute entière sur le matelas. Il était rembourré de fines plumes de poulet, le rendant doux et très moelleux. Elle ne mit pas longtemps avant de fermer les paupières et s'abandonner dans un doux sommeil.

    — Réveille-toi !

    C'était un cri qui venait parcourir ses oreilles. Rajendra sursauta et se releva d'un bond, se frotta les yeux encore lourds avant de remarquer la femme qui venait de la réveiller. Elle avait un chignon sur le haut de la tête avec une baguette à cheveux. Il transperçait la torsade, avec toute une multitude de clochettes argentés qui pendaient à son extrémité.

    Une esclave de rang supérieur ? Elle a une clochette aussi... À moins que je me fasse des idées ?

    Oui, c’était sûrement ça. Cependant, la jeune femme qui était devant elle n’avait pas du tout les mêmes vêtements. Les siens étaient tous de couleur lavande et le tissu avait l’air d’une plus grande qualité. Elle avait une veste avec des manches et un ornement en plus. Elle était habillée simplement, mais Rajendra pouvait sentir sa supériorité quand elle la regardait avec un air hautain. Son visage était fin et ses yeux légèrement maquillés. C'était la première fois qu'elle voyait une femme asiatique, bien qu'elle a été transportée dans un bateau où les hommes l'étaient.

    — Nous sommes arrivés au palais, prépare tes affaires, j'ai apporté tes chaussures.

    Elle les balança presque sur le lit avant de sortir. L'égyptienne souffla et enfila les chaussures avec difficulté, elles étaient trop petites. Elle n'avait pas compris un traître mot de son affirmation, mais en se fiant à son ton elle su qu'elle devait se dépêcher. Une fois prête, elle sortit de la pièce. Elle fut surprise. Elle qui pensait voir un grand palais, elle ne vit qu'un énorme mur avec une petite porte simple. Voyant sa déception, la femme qui l'avait réveillée lui expliqua froidement :

    — Les esclaves passent toujours par une porte spéciale qui mène directement au compartiment des servantes.

    Rajendra se contenta d'hocher la tête bêtement. Ne pas comprendre le chinois était un vrai handicap pour elle, elle espérait que quelqu'un puisse lui apprendre au moins les bases.


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