• Chapitre I

     

    Chine, 392 après J-C, Dynastie Wei du Nord.

    La guerre civile avait éclaté un peu partout en Asie, et les rois décidèrent de mettre en esclavage tous les opposants. Une vague d'esclaves virent le jour, enrichissant ainsi les marchands qui gagnaient petit à petit plus de pouvoir.

    Dans le ventre d’un bateau d'asservis, bercée par les vagues s'écrasant sur la coque, elle attendait allongée sur le sol dur et froid recouvert d’excréments entremêlés à des cadavres en décomposition. L’odeur était insoutenable : la chair pourrie, la saleté des corps et les déjections en auraient fait vomir plus d’un. Les personnes restantes, attachées à de lourdes chaînes de métal un peu rouillées par la sueur et le sel, n’attendaient qu’une seule chose : la lumière.

    Finalement, l’étroite trappe qui se trouvait au-dessus d’eux s’ouvrit. Ils levèrent tous les yeux, avant de les cacher avec le revers de la main, leurs pupilles n'ayant pas vu une seule fois de la clarté du jour depuis une éternité. Un homme grassouillet descendit les marches, chaque pas étant plus lourd que le précédent. Une fois arrivé en bas, il prit un instant pour se reposer en s’appuyant sur la rampe, suffoquant. Tout de suite après, l'homme se boucha le nez et s’avança vers les esclaves, les jaugeant du regard. Deux de ses acolytes descendirent à leurs tours dans la cale : ils eurent la même réaction que lui.

    — Ça pue ! déclara le premier, qui mit du temps avant de virer au vert.

    T’es sûr de n’pas avoir pété ? dit le second avant d’éclater de rire et de montrer du doigt un seau en bois qui était juste à côté de son collègue.

    — Ça suffit, cria le gros homme, on est là pour compter les morts et les jeter à la mer, les autres seront exposés au marché dans quelques minutes. Grouillez-vous, avant que j’ne vous vende aussi !

    Les deux acolytes ne dirent plus un mot et emportèrent les cadavres jusqu’en haut. Ils firent au moins dix allers-retours avant de remarquer une jeune fille étendue sur le sol. Un des hommes la secoua de son pied avant de remarquer avec stupeur son visage. Il poussa un cri d’effroi qui alerta les autres marchands à l’étage.

    — Eh, ça va, Bo ?!

    Bo eut des sueurs froides qui lui parcoururent toute l’échine. Il tremblota un instant avant de prendre l'esclave par le pied, afin de la faire monter. L’homme se fit arrêter par son chef, légèrement énervé.

    Pas touche, t’vois bien qu’elle est vivante, lança-t-il, avant de constater avec le rai de lumière son visage. Il rigola.

    — C’est une étrangère à la peau marron, c’pas une chinoise. On en tirera un bon prix malgré l’état de sa gueule.

    Il prit le visage de la jeune fille avant de le dévoiler à la lumière. Les esclaves crièrent, eux qui étaient si calmes, même lorsqu’on emmenait les décédés. Ils ne parlaient pas, leurs langues étaient sûrement trop sèche pour pouvoir dire quoi que ce soit. Le gros homme remarqua pourquoi. Elle était en bonne santé. C'était la seule qui n'était pas anorexique, et aussi la seule avec autant de cicatrices. Des plaies et des bleus répartissaient son buste et ses jambes, une large brûlure était étalée sur son visage, mangeant son œil gauche qui était devenu aveugle et parfaitement translucide. Ses cheveux étaient noirs et extrêmement courts, mais pas au point de pouvoir apercevoir son crâne. De plus, l'homme remarqua en basculant violemment sa tête en avant, un tatouage marqué au fer rouge sur la naissance de sa nuque. On aurait dit une sorte de fleur avec de fines pétales. Il réfléchit un moment à la signification de cette marque, avant de demander directement à la concernée.

     — Eh, c'est quoi comme fleur ton marquage ?

    La jeune fille resta encore la tête baissée un moment avant de la relever légèrement. Elle ne comprenait pas, mais elle savait ce qu'il demandait.

    — C'est un chrysanthème.

    Le gros homme élargit ses yeux, avant d'avoir un rire gras. La jeune fille parlait une autre langue.

    — Une esclave égyptienne ! Si c’est pas beau ça, on va pouvoir se payer une tournée ce soir !

    Les autres esclaves eurent un autre hurlement, et l'homme balança la jeune fille vers les escaliers, en lui montrant de la main la sortie. Elle se releva difficilement, et marcha vers la lumière. Les personnes qui étaient enchaînées criaient encore plus lorsqu'elle se rapprochait encore et encore vers l'étage. Bo se boucha les oreilles tellement ils jappaient avant de les frapper de son fouet. Tout en les brutalisant, il se retourna vers l'étrangère.

    — Pourquoi crient-ils autant ? T'es leur sauveuse ou quoi ?

    Elle se retourna, et Bo pu voir son deuxième œil qui lui, était parfaitement intact et rayonnait d'une jolie couleur ambrée. La jeune fille était cabochée et sa brûlure la rendait flippante, mais elle avait un corps parfaitement musclé.

    — Leur sauveuse sexuelle, oui. J'ai été violée par plus de la moitié des hommes.

    Et elle reprit sa marche.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :