• Chapitre 1 (troisième partie)

         C'était une sensation glaciale qui la paralysait sur place. Sa respiration devenait difficile, comme si quelque chose aspirait l'air environnant. Alors qu'elle allait s'adosser à la vitrine de la boutique, trois fortes détonations retentirent. Elle tendit le cou pour jeter un coup d’œil vers le ciel, la foule affluait dans toute la rue, se précipitant en dehors des magasins et des immeubles. Dans les nuages, aucune masse supersonique en vue, mais Abby conclut qu'un avion aurait peut-être pu passer par-là, ce qui était rare. Sa respiration reprit son cours normal ; cependant, aucune autre personne n'avait été en manque d'air comme elle. La jeune fille regarda dans la foule qui reprenait petit à petit sa taille d'origine si une personne faisait une crise. 

    Heureusement, rien d'alarmant ne se produisait, sûrement un coup de chaud, pensa Abby. La jeune fille pu enfin pédaler vers la petite supérette non loin de là. 

         En tournant à droite après son lycée Great Falls, elle jeta un coup d’œil derrière elle et vit le jeune policier chargé de la circulation. Elle eut l'illusion qu'il n'avait plus son air si peu énergique d'avant. Elle s'arrêta net, et regarda plus intensément. Le policier n'avait vraiment plus l'air malade. Peut-être qu'il a prit un médicament, pensa-t-elle. 

    Elle continua sa route. Peu après, elle emprunta une ruelle étroite, un raccourci jusqu'au magasin. La jeune fille pédala quelques secondes avant de rouler sur une pente. Elle était maintenant seule. Seule avec la brise légère que la vitesse lui procurait, asséchant les petites gouttes qui perlaient sur son front. Une fois au bout, elle tourna vivement à gauche, et déboula sur une jolie allée de roses murales. Elle freina une fois arrivée devant un petit poteau à la peinture écaillée. 

    Abby descendit de son deux roues et le posa contre un mur. Elle entra dans une petite maison en pierre aménagée en supérette. La salle était très lumineuse, et le plafond en plastique transparent pouvait facilement laisser passer la lumière. Plusieurs pots de fleurs étaient disposés en suspends un peu partout, et à vrai-dire, il y avait tellement de plantes sur le sol et en haut que les rayonnages étaient presque invisibles.  La jeune fille allait souvent dans cet endroit pour y faire ses courses ou acheter un petit quelque chose après les cours. 

         Elle n'avait encore jamais pu apercevoir la propriétaire, juste entendre quelques ragots sur elle, disant qu'elle était d'un extrême beauté  ̶  et d'une rare gentillesse. Le seul personnel dans la boutique était une jeune demoiselle assez timide qui tenait la caisse. Abby huma l'air ambiant ; je trouve que ça sent extrêmement bon ici, se dit-t-elle, avant de prendre dans sa poche la liste d'ingrédients à acheter donnée par sa mère.

    La jeune fille pu y lire : tomates concassées, des anchois en conserve, des olives, de la farine et des œufs. Tiens, maman prévoit de faire une pizza pour ce soir, pensa Abby. Elle se dirigea vers les rayons prendre tout ce qu'elle avait besoin pour la préparation avant de passer à la caisse. Elle déposa les articles sur la table et, derrière la caissière, une ombre sortit de la pièce du fond. Au départ, Abby ne discernait pas assez bien la personne qui y sortait mais, au fur et à mesure que la masse sombre s'approchait, les contours d'une femme se dessinèrent. 

         Elle était d'une telle magnificence que la jeune fille ne put calmer son cœur qui battait à la chamade. Dès qu'elle s'aperçut de la présence d'Abby, la femme lui fit un petit sourire en guise de bienvenue. Elle contourna quelques plantes pour ensuite arriver près de la jeune fille qui ne la détachait pas une seule seconde du regard. 

        ̶  Vous venez ici souvent, dit la femme.

    Abby balbutia un instant avant de se calmer et reprendre son souffle.

        ̶  Oui, le magasin n'est pas très loin de chez moi.

    La jeune caissière prit les articles un à un pour les enregistrer dans son ordinateur et une fois fini, elle haussa un peu plus le ton qu'à son habitude ; ce qui fit sursauter Abby.

        ̶  Ça fera dix euros et quarante-sept centimes s'il-vous-plaît. 

    Abby regarda dans son sac à la hâte pour y sortir la somme exacte demandée. La jeune fille prit un sac en plastique qui était sous la table en libre service et y rangea les produits. 

        ̶  Vous avez acheté un livre en très mauvais état chez le bouquiniste, non ? dit la femme tout en s'accoudant sur la table.

        ̶  Oui, c'est ça, mais comment le savez-vous, demanda Abby.

    La jeune fille vit un court instant les yeux de la belle femme virer au violet, mais elle n'eut pas le temps de confirmer ce qu'elle aurait pu entrevoir en à  peine quelques secondes. Sûrement une hallucination visuelle, la chaleur me joue décidément plusieurs tours pensa-t-elle.

    La femme arbora un sourire enchanteur mais ses yeux devinrent un petit peu froids, et la jeune fille cru qu'elle l'analysait de l'intérieur  ̶ comme si elle la connaissait depuis toujours. Le cœur d'Abby se resserra et manqua un battement. 

        ̶  Simple intuition. 


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